Vue du Nord
de Paris, carte postale, Collection particulière ____________________Le
premier carnaval de Saint-Ouen, photo anonyme, s.d.
Le CHS affirme sa position d'expertise des mutations
historiques de la métropole francilienne
COOPERATION AVEC LA REGION ILE-DE-FRANCE
Emmanuel Bellanger, auteur d'une thèse sur "Aux
origines de la "banlieue municipale" : activité municipale,
intercommunalité, pouvoir mayoral, personnel communal et tutelle
préfectorale en Seine banlieue des années 1880 aux années
1950." est affecté au CHS avec une allocation post-doctorale
de la Région Ile-de-France. pour réaliser un projet intitulé
:" Aux origines de la gouvernance territoriale partagée :
inégalités sociales, péréquations fiscales
et coopérations intercommunales en Ile-de-France à l'époque
contemporaine (1880-1980). "
Une anthologie des textes majeurs de cette histoire croisée
sera publiée en 2006.
2) le projet "Aux origines de la gouvernance
métropolitaine" (1880-1980), présenté
par le CHS, a été sélectionné par le conseil
scientifique du Maire de Paris lors de l'appel à projet 2005 (Voir
ci-dessous le texte du projet).
Aux origines de la gouvernance métropolitaine
:
Paris et les banlieues ou l’invention de nouvelles politiques publiques
– XXe siècle –
Ce programme de recherche a pour ambition première
de suivre, sur un temps relativement long et à l’échelle
de l’ancien département de la Seine, l’élaboration
et la mise en espace des politiques de coopération intercommunale,
de coopération interdépartementale et bientôt,
à partir des années 1930, de coopération régionale.
Le concept de gouvernance urbaine, élaboré par les
politistes, peut être (ré)utilisé par les historiens
pour comprendre dans la durée comment s’élaborent
les politiques de gouvernement des villes et des populations urbaines,
les diagnostics de crises, les innovations administratives et le
partenariat de l’ensemble des acteurs qui gèrent la
ville. Trois champs de recherches sont concernés par cette
expertise historique des politiques publiques : celui des solidarités
intercommunales qui associent la Ville de Paris à son environnement
institutionnel, celui des transports et des mobilités et
enfin celui de la gestion partagée ou conflictuelle des ensembles
de logements sociaux. L’étude conjointe de ces trois
politiques sectorielles permet de reconstituer, sur un siècle
qui va des lois républicaines des années 1880 aux
tournants des années 1980 – avant la décentralisation
des années 1980, avant les procédures de contractualisation
et la codification de la politique de la ville –, comment
les acteurs inventent dans les pratiques des formes de gouvernance
de la métropole.
Depuis le Second Empire et l’avènement de l’ère
industrielle, Paris, ses quartiers et les communes environnantes
vivent, sur un temps accéléré, le passage d’un
espace communal morcelé à la mise en place d’une
dynamique d’agglomération urbaine. L’urbanisation
soutenue et le désenclavement exemplaire du département
« capitale » sont les deux principaux facteurs d’explication
de ce mouvement de densification. Entre 1836 et 1866, la ville de
Paris connaît en effet une véritable explosion démographique
; sa population municipale passe de 909 126 à 1 825 274 habitants.
Les décennies suivantes s’illustrent désormais
par le décollage démographique de la banlieue parisienne,
formant avec Paris, le département de la Seine. Entre 1866
et 1931, la population des 80 communes de la Seine banlieue passe
ainsi de 325 642 habitants (15 % de la population départementale)
à 2 042 835 (41 % de la population départementale).
Le trait le plus significatif des transformations des paysages parisiens
et suburbains se lit dans le déplacement des frontières
de la « Grande Ville ». En 1860, l’intégration
des communes du premier cercle suburbain dans de nouveaux arrondissements
parisiens est assimilée à la domination tutélaire,
voire féodale, de la capitale sur ses marges. Cette représentation
doit être certainement nuancée car l’annexion
a également pour conséquence, plus heureuse, d’étendre
les réseaux de commodités de la ville moderne, Paris,
aux communes suburbaines de la première couronne. Ces nouvelles
commodités sont associées à la diffusion du
gaz, de la distribution de l’eau, ou encore à l’extension
progressive des trottoirs et de l’éclairage public.
Le temps des enceintes fortifiées, qui isolent Paris de son
environnement, a laissé place à un temps prospère
de diffusion des expériences municipales et des réalisations
édilitaires.
La poussée démographique et les maux de la civilisation
urbaine qui l’accompagnent (paupérisation, violence
urbaine, insalubrité…) donnent lieu à la proclamation
de nouveaux impératifs politiques et administratifs. Si ce
mouvement d’urbanisation contribue inéluctablement
à solidariser les destinées de la Ville de Paris et
des communes environnantes, les autorités publiques –
élus, administrateurs et techniciens confondus – se
doivent, en réaction aux mutations sociales, d’élaborer
de nouvelles politiques publiques. C’est justement au tournant
des années 1880 qu’une nouvelle administration locale
voit le jour. Elle a pour nom et compétence : la Direction
des affaires départementales de la préfecture de la
Seine. Cette direction préfectorale s’affirme comme
le pivot central d’affermissement des relations Paris / Banlieues.
Elle se subdivise immédiatement en une Sous-Direction des
communes appelée à jouer un rôle moteur dans
la mise en application des politiques décidées conjointement,
et non sans tension, par quatre organismes d’administration
et de délibération : la préfecture de la Seine,
la préfecture de police, le Conseil municipal de Paris et
le Conseil général de la Seine.
Dans ce cadre urbain et institutionnel de plus en plus solidaire,
les politiques publiques d’essence intercommunale sont inventées
pour répondre aux demandes sociales ; elles suivent les recommandations
de la nébuleuse des hygiénistes et des urbanistes
français et de leurs institutions locales d’affiliation
: le conseil d'hygiène publique et de salubrité du
département de la Seine installé en 1903, la section
d’hygiène urbaine et rurale du Musée social
fondée en 1908, l’association philanthropique Léopold
Bellan du nom de l’ancien président du Conseil municipal
de Paris ou encore l’École des hautes études
urbaines (EHEU), fondée en 1919 par la Ville de Paris et
le conseil général de la Seine, bientôt rebaptisée
Institut d’urbanisme de l’Université de Paris
(IUUP).
I – VILLE TUTELAIRE, VILLES SOLIDAIRES : ENTRE SOLIDARITES
INTERCOMMUNALES ET TENSIONS SOCIALES
Quelles configurations prennent ces solidarités intercommunales
et départementales entre la « ville tutélaire
», Paris, et les « villes solidaires », les communes
suburbaines ? Les solidarités institutionnelles, mises en
œuvre dans ce que l’on commence à dénommer
le « Grand Paris », se déclinent selon différents
modes d’intervention publique. Ces intercommunalités
adoptent le plus souvent la forme juridique du syndicat de commune
à vocation unique, codifié en 1890 ; mais elles se
structurent également à partir de la fondation de
réseaux d’équipements rattachés à
des offices départementaux ou à des établissements
publics. Toutes ces formes d’agrégation administrative,
politique et technique se traduisent par la mutualisation ou la
« syndicalisation » des villes du département
de la Seine autour de projets d’intérêt supra-communal.
Parmi les intercommunalités et politiques départementales
étudiées dans ce programme de recherche, on citera
:
- la création des syndicats intercommunaux du gaz en 1903,
des pompes funèbres en 1905, des eaux en 1922 ou de l’électricité
en 1924 ;
- la fondation en 1916 de l’office public d’HBM du département
de la Seine sous l’autorité d’Henri Sellier ;
- la fondation en 1918 de l'office public d'hygiène sociale
et de préservation de la tuberculose du département
de la Seine, dont les dispensaires étendent progressivement
leur action à l’ensemble de la Seine banlieue ;
- l’ouverture d’hôpitaux et d’hospices intercommunaux
cofinancés par les pouvoirs publics et les institutions locales
;
- la mise en place d’un réseau départemental
d’assainissement et de traitement des ordures ménagères
au sortir de la Première guerre mondiale, qui se caractérise
notamment par l’élaboration, à la fin des années
1920, d'un schéma d'assainissement général
du département de la Seine ;
- ou la mise en place d’un système de péréquation
fiscale au profit des communes suburbaines les plus pauvres (le
fonds commun dit « octroi de banlieue », la création
de l’octroi intercommunal de la région parisienne ou
OIRP…).
Outre la restitution des étapes successives du déploiement
des politiques intercommunales et départementales, il conviendra
également de bien mettre en relief la mise en place des services
et des commissions techniques de contrôle des entreprises
délégataires de mission de services publics, à
l’instar de la CGE concessionnaire de la Ville de Paris depuis
le traité de 1860. Dans ces lieux de délibérations
et de surveillance siègent en effet les représentants
de la nébuleuse des administrateurs et techniciens intercommunaux
: ceux du conseil municipal de Paris, du conseil général
de la Seine ou ceux de la préfecture de la Seine et de la
préfecture de police.
Dans ce cadre d’observation, une question fondamentale ne
peut être éludée lorsque l’on souhaite
scruter les rapports Paris / Banlieues : ces politiques publiques,
aux échelles d’application intercommunales et départementales,
ne sont-elles pas propices aux tensions sociales et politiques ?
L’élaboration des politiques publiques, leur arbitrage,
ne sont jamais neutres, ni totalement pacifiées. Des enjeux
de pouvoir, des rapports de forces entre institutions centrales
et collectivités locales pèsent sur les décisions
de financement de tel ou tel projet et, au final, sur les réalisations
d’équipements ou d’infrastructures au détriment
d’autres réalisations jugées d’intérêt
secondaire. L’entrée sur la scène politique
et médiatique des habitants des communes suburbaines ou des
quartiers parisiens a pu également pesé sur l’orientation
des politiques publiques.
Des luttes mémorables des populations banlieusardes contre
les empiétements de la capitale ont illustré les annales
des relations Paris/Banlieues. Le traitement de la banlieue parisienne,
devenue en certains lieux une terre d’épandage des
ordures ménagères des Parisiens, a été
contestée dès les années 1880 par les populations
suburbaines et leurs édiles. La réaction hostile des
banlieusards fut tout aussi unanime et virulente, lorsqu’il
fallut, en vain, combattre l’implantation des cimetières
parisiens, ces nécropoles des morts de la capitale, que les
élus locaux suburbains et leurs mandants refusaient bruyamment
de voire reposer sur leur territoire communal. Chère à
Ferdinand Céline, l’image de la banlieue paillasson
se fixe dans les esprits.
Pour maintenir le rang international de la capitale et conforter
son aire d’influence, d’autres opérations d’aménagement
et d’équipement se sont polarisées en banlieue
et ont pénalisé lourdement les populations riveraines.
Dans les années 1920-1930, le développement de l’aéroport
du Bourget, qui devance de quelques décennies l’ouverture
des aéroports internationaux d’Orly et de Roissy, est
déjà perçu comme une nuisance et une menace
supplémentaire pour les citadins des lotissements défectueux.
Aujourd’hui, ces infrastructures aéroportuaires polluent
bien plus que le périphérique. D’autres installations
ont largement contribué à froisser les relations de
bon voisinage entre Paris et ses banlieues. La dernière en
date est certainement l’affaire du périphérique
qui met davantage en accusation l’État et son bras
armé, le District, bien plus que la Ville de Paris. Cette
dernière reste cependant toujours soupçonnée,
dans l’imaginaire collectif, de jouer seule sa partition contre
les communes de banlieue, comme en témoignent les manifestations
récurrentes des habitants de Malakoff et de leur municipalité
communiste en lutte contre le périf.
Cette question incite plus largement à mieux scruter l’impact
dans l’opinion banlieusarde de l’arrivée d’équipements
publics étrangers à la commune de domiciliation. Cette
perception est loin d’être systématiquement négative.
Ces équipements ont en effet, souvent après coup,
des incidences positives sur les modes de vie et les comportements
des banlieusards en favorisant par exemple leurs déplacements
ou en leur permettant d’accéder à un logement
ou à des loisirs. La requalification urbaine des canaux de
l’Ourcq ou et de Saint-Denis ou la construction du Grand Stade
au milieu des années 1990 sur des terrains appartenant à
la capitale n’illustrent-elles pas ces convergences possibles
des intérêts parisiens et suburbains, et ce, à
la plus grande satisfaction de l’opinion francilienne ?
II – TRANSPORTS ET MOBILITE : DES EMBARRAS DE PARIS AUX CONGESTIONS
METROPOLITAINES
Ce projet de recherche fournira l’occasion d’une analyse
approfondie des rôles joués par les transports dans
la ville tant dans leur fonction même – l’économie
des transports étant souvent loin d’être un secteur
négligeable – que dans le mode d’appropriation
de la cité qu’ils procurent aux habitants et aux travailleurs
des aires urbanisées. La nature de l’objet d’étude
impose d’emblée l’extension de la notion de «
frontières de la ville » aux limites de l’agglomération,
ce qui impose de comprendre les infrastructures, quel que soit le
mode considéré, dans une perspective évolutive.
Ainsi, pour prendre un exemple, le boulevard périphérique
achevé en 1973 mais conçu au début des années
1940, répond aujourd’hui moins à une logique
« d’enfermement » et de desserte de la seule «
ville fondamentale » (Louis Chevalier) de Paris, qu’aux
exigences de l’irrigation de toute l’Ile-de-France.
En donnant ainsi aux flux et aux mouvements la même légitimité
que celle, solidement acquise dans le domaine des connaissances
académiques par les pierres et l’architecture, il s’agit
de donner une image dynamique des transformations de la vie quotidienne
et des équilibres de l’agglomération. Le mode
d’analyse privilégié sera le véhicule
individuel qui offre, pris comme poste d’observation, l’occasion
d’analyser en contrepoint les autres modes.
En apparence, à l’époque contemporaine, la pérennité
de la centralité parisienne, au coeur d’une agglomération
devenue multimillionnaire, n’a jamais paru souffrir de contestation.
En réalité, le siècle de l’automobile
ne l’aurait-t-il pas remise fondamentalement en question ?
Il apparaît en effet que les modalités d’exercice
de celle-ci ont profondément évolué avec le
“Grand Paris”, pour reprendre une terminologie développée
au cours des années 1920. Ainsi, avec la généralisation
de la mécanisation des déplacements, permettant l’étalement
urbain et l’apparition des banlieues, la donne socio-spatiale
de la répartition de la population, - ou “ségrégation
urbaine” si l’on veut radicaliser les enjeux, - a été
partiellement modifiée, voire brouillée. “La
ville sédentaire a fait place à la ville mobile”,
et les populations aisées se sont inscrites dans un ”jeu
de mise à distance” inédit, fondé sur
“la maîtrise différenciée des moyens de
transport” . Parmi ceux-ci, en révolutionnant la mobilité,
l’automobile a, certes, pris toute sa place, progressivement
d’abord, puis massivement à partir des années
1950, mais aussi entraîné les autres réseaux
urbains, dans une profonde remise en cause de leur logique, en leur
imposant un nouveau rythme, parfois un nouveau tracé et une
nouvelle flexibilité. Le métropolitain lui-même,
qui préexistait largement à la massification de l’utilisation
de la voiture individuelle et dont la conception primordiale avait
été enclose dans une cité emmurée, s’est
vu pressé d’effectuer une modernisation salutaire au
début des années 1960.
De cette révolution automobile, bien connue industriellement
parlant, il reste à tirer les conséquences pour l’espace,
l’environnement et les citoyens parisiens et franciliens.
Méthodologiquement, il est attendu que la réflexion
sur l’impact de l’automobile sur la ville mène
à l’observation des traces, - massives au cours des
« Trente Glorieuses » -, générées
par ce mode de déplacement. Il est alors légitime
de raisonner en terme d’”infrastructures”, celles-ci
constituant la face émergée, publique et collective
de l’iceberg individualiste qu’est l’automobile.
En définitive, dans cet axe, nous privilégierons donc
une histoire politique et sociale des modes de transports et de
leur gestion.
III – PARTAGER LES GRANDS ENSEMBLES
Dans un autre domaine d’intervention publique, la construction
en banlieue parisienne de nombreuses cités des grands ensembles
HLM de l’office municipal ou des sociétés d’économies
mixtes de la Ville de Paris a-t-elle été perçue
par les populations suburbaines et par leurs élus comme un
empiétement supplémentaire de la ville-centre ou,
au contraire, comme une perspective d’issue à la crise
du logement d’après-guerre ? On se propose d’étudier
la chronologie et la géographie des implantations des bailleurs
sociaux parisiens en banlieue, les politiques de peuplement qui
les accompagnent et visent notamment à résorber les
îlots insalubres, les débats autour des dévolutions,
puis ces restitutions elles mêmes, quand elles ont eu lieu.
Plusieurs sites permettent d’étudier cette question
de façon approfondie : les grands ensembles construits en
périphérie immédiate au Sud et au Nord-Est
de la capitale, de part et d’autre du tracé du (futur)
périphérique, dans le cadre du plan Lafay de 1954
– qui ne fut que partiellement réalisé –
, et qui forment un ring d’habitat social autour de la capitale.
L’ensemble des 4000 à La Courneuve, construit au début
des années 1960 sur des réserves foncières
acquises dans les années 1920 par le Conseil général
de la Seine pour y édifier une ville nouvelle, est emblématique
des nombreuses emprises de logement social parisien en banlieue.
Sa dévolution à la municipalité communiste
date de 1984, et la première destruction de la barre Debussy
intervient en 1983.
Les débats autour de la gestion des grands ensembles prennent
un tour nouveau dans les années 1970, que nous avons choisies
de privilégier : la circulaire Guichard du 21 Mars 1973 «
visant à prévenir la réalisation des formes
d’urbanisation dites « Grands ensembles » et à
lutter contre la ségrégation sociale par l’habitat
» arrête les opérations les plus lourdes et codifie
les autres. Le lancement des opérations « Habitat et
vie sociale » entre 1973 et 1977 conduit à des enquêtes,
à un intense débat sur la vie sociale dans les grands
ensembles et aux premières réhabilitations. Dans ce
contexte, la question de la dévolution aux offices locaux-
pensée comme un gage de bonne gestion de proximité
- est posée de façon insistante par les différents
acteurs . Ces années de prémices de la politique de
la ville, pendant lesquelles la haute fonction publique s’interroge
sur les conséquences de la politique de logement menée
pendant vingt ans , sont propices à des réflexions
sur la répartition des compétences entre bailleurs
parisiens et banlieusards ; l’élection d’un maire
à Paris en 1977, l’arrivée de la gauche au pouvoir
et l’institutionnalisation de la politique de la ville en
1981 redéfinissent enfin le contexte politico-administratif
et le regard sur les grands ensembles.
Bibliographie sommaire :
« Ville en crise ? », Vingtième siècle,
revue d’histoire, n° 64, octobre-décembre 1999.
BASTIÉ Jean, La Croissance de la banlieue parisienne,
Paris, P.U.F, 1964.
BELLANGER Emmanuel, « Agrégation de la banlieue municipale
et implantation des services publics : des logiques de repli communal
aux logiques de cohésion urbaine (1850-1914) », La Région
parisienne industrielle et ouvrière. Cultures et recherches, DRAC
Ile-de-France, 2005.
BELLANGER Emmanuel, « La ville en partage : les “savoir-administrer”
dans la conduite des affaires municipales et intercommunales en banlieue
parisienne - années 1880-1950 », Revue d'histoire des
sciences humaines, n° 12, mai 2005.
BELLANGER Emmanuel, « Spécificité, continuité
et uniformisation de la gestion communiste dans les mairies de la Seine
», in GIRAULT Jacques [dir.], Des communistes en France (années
1920-années 1960), Paris, Publications de la Sorbonne, 2002.
BRUNET Jean-Paul, « Autonomie communale et contraintes administratives
: l’action municipale en banlieue parisienne (1884-1940) »,
in L’Administration locale en Ile-de-France, Paris, 1987.
BRUNET Jean-Paul, « Constitution d'un espace urbain : Paris et sa
banlieue de la fin du XIXe siècle à 1940 », Annales
ESC, n° 3, mai-juin 1985.
BURLEN Katherine [dir.], La Banlieue oasis, Henri Sellier et les cités-jardins
1900-1940, Saint-Denis, Presses universitaires de Vincennes, 1987.
CANTEUX Camille, « Sarcelles, ville rêvée, ville introuvable
», Sociétés et représentations, n°
17, mars 2004.
CHEMETOV Paul, DUMONT Marie-Jeanne, MARREY Bernard, Paris-Banlieue 1919-1939.
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COHEN Jean-Louis, LORTIE André, Des fortifs au périf.
Paris les seuils de la ville, Paris, Picard éditeur/édition
du Pavillon de l'Arsenal, 1991.
COTTEREAU Alain, « Les débuts de la planification urbaine
dans l’agglomération parisienne », Sociologie du
travail, 4, 1969.
DUBY Georges [dir.], Histoire de la France urbaine, t. 4 : La
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FAURE Alain [dir.], Les Premiers Banlieusards. Aux origines des banlieues
de Paris 1860-1940, Paris, Créaphis, coll. “Rencontres
à Royaumont”, 1991.
FLONNEAU Mathieu, « L’action optimiste et raisonnée
du District de la région parisienne : l’exemple des dix glorieuses
d’un urbanisme automobile : 1963-1973 », Vingtième
siècle, revue d’histoire, n° 79, juillet-septembre
2003.
FLONNEAU Mathieu, DOULET Jean-François, Paris-Pékin,
civiliser l’automobile, Paris, Descartes & Cie, 2003.
FLONNEAU Mathieu, L'automobile à la conquête de Paris, chroniques
illustrées, Paris, Presses de l’École Nationale des
Ponts et Chaussées, 2003.
FOURCAUT Annie [dir.], Banlieue rouge, 1920-1960. Années Thorez,
années Gabin : archétype du populaire, banc d'essai
des modernités, Paris, Autrement, 1992.
FOURCAUT Annie, « Aux origines du film de banlieue : les banlieusards
au cinéma (1930-1980) », Sociétés et Représentations,
n° 8, décembre 1999.
FOURCAUT Annie, Bobigny, banlieue rouge, Paris, Éditions
ouvrières-Presses de la FNSP, 1986.
FOURCAUT Annie, La Banlieue en morceaux, Paris, Créaphis,
2000.
RONCAYOLO Marcel [dir.], Histoire de la France urbaine, t. 5
: La Ville aujourd’hui [1985], Paris, Seuil, coll. “Points
Histoire”, 2001.
RONCAYOLO Marcel, La Ville et ses territoires, Paris, Gallimard,
coll. “Folio Essai”, 1993.
SOULIGNAC Françoise, La Banlieue parisienne. Cent cinquante
ans de transformations, Paris, La documentation française,
1993.
VOLDMAN Danièle [dir.], Région parisienne. Approches
d’une notion 1860-1980, Paris, Les cahiers de l’IHTP,
n° 12, octobre 1989.
Description de l’équipe de recherche et rattachement institutionnel
:
L’équipe de recherche est dirigée par une historienne
spécialiste d’histoire urbaine :
- Annie FOURCAUT, professeur d’histoire contemporaine et directrice
du Centre d’histoire sociale du XXe siècle (CHS) de l’Université
de Paris I./ UMR CNRS 8058, qui a dirigé le programme « Pour
une histoire croisée de Paris et de ses banlieues à l’époque
contemporaine » de 2003 à 2005, en liaison avec la Délégation
à la coopération avec les collectivités territoriales
d’Ile-de-France (Pierre Mansat).
Deux historiens sont appelés à travailler sous sa direction
:
- Mathieu FLONNEAU, maître de conférences en histoire contemporaine
(Université de Paris I), spécialiste de la « civilisation
» de l’automobile et des mobilités urbaines.
- Emmanuel BELLANGER, docteur en histoire contemporaine (Université
de Paris 8), spécialiste de l’histoire des politiques publiques
en banlieue parisienne.
Deux doctorantes, inscrites à l’ Université de Paris
I sous la direction d’Annie Fourcaut, se joindront également
à l’équipe ( sujet de thèse en cours entre
parenthèses):
- Camille CANTEUX, Les représentations audiovisuelles des grands
ensembles des années 1930 au début des années 1980
- Gwenaëlle LE GOULLON, Les innovations du milieu des années
1950 dans la politique du ministère de la Reconstruction et de
l’Urbanisme
L'intérêt potentiel du projet proposé et modalités
envisagées pour diffuser les résultats
La réalisation de ce programme de recherche offre une perspective
de relecture des relations Paris / Banlieues. Les liens Paris / Banlieues
ont été trop souvent réduits à une histoire
de tension et de concurrence. La réalité administrative
et politique, les réalisations intercommunales, les politiques
départementales de désenclavement et de mobilités
urbaines, la gestion des grands ensembles donnent à lire une nouvelle
histoire, une histoire en quelque sorte technique et dépassionnée.
Tout en nuançant la représentation des banlieues parisiennes
assimilées à des terres d’abandon, cette nouvelle
lecture des rapports Paris / Banlieue, donne une perspective historique
séculaire aux nouvelles solidarités intercommunales contemporaines,
une perspective qui s’inscrit parfaitement dans la nouvelle politique
municipale de conventions et de partenariats intercommunaux et interdépartementaux
engagée, depuis 2001, par la mairie de Paris avec les collectivités
locales de la région Île-de-France.
Les auteurs du projet :
Annie FOURCAUT, directrice du Centre d’histoire sociale du XXe siècle
(Université de Paris I)
Mathieu FLONNEAU, maître de conférences en histoire contemporaine
(Université de Paris I)
Emmanuel BELLANGER, docteur en histoire contemporaine (Université
de Paris 8)