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Pôle 1

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Pôle 1 : Histoire sociale du politique dans les sociétés contemporaines. Perspectives

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Issu de la fusion des actuels pôles 1 et 2, ce nouveau pôle en réunit les axes les plus engagés dans le renouvellement de leurs thématiques, terrains et méthodologies. Son intitulé, propre à assurer la visibilité des champs dans lesquels le CHS est un laboratoire de référence, recouvre le large champ qui, à la croisée du social et du politique, considère la manière dont les rapports entre les acteurs sociaux contemporains, matrice de dominations et de pouvoirs, s’articulent aux cadres, agents et procédures institutionnels. Fort de ses terrains privilégiés que sont le travail, les mouvements sociaux et les migrations, le pôle est le lieu d’une réflexion théorique et méthodologique sur l’histoire sociale contemporaine, ses sources et ses implications. Il accueille les chercheurs et les projets attentifs à l’évolution tant des usages populaires du politique, à la dimension politique des relations sociales et des mobilisations qu’elles suscitent, aux modalités collectives et individuelles de ces dernières, à l’élaboration et à l’influence des catégories, normes et politiques publiques sur la structuration des représentations et des mouvements sociaux. Le questionnement, appliqué au temps long de l’État social dans les sociétés salariales du Nord comme aux situations d’exception durables créées par la domination coloniale, englobe également les temps courts des crises, des luttes armées et des guerres, ainsi que l’analyse de la circulation des registres d’interprétation et d’action. Acquis à la pratique de l’histoire comparée, reçu en héritage, le pôle s’ouvre dorénavant à une histoire croisée ouverte sur l’Europe, l’Afrique, l’Amérique latine et du Nord.

Au cœur d’un laboratoire dont il rassemble près de la moitié des enseignants-chercheurs ou chercheurs permanents et près des deux-tiers des membres associés à titre principal, le pôle participe à son attractivité par la richesse de son activité scientifique qu’enregistre le nombre élevé des jeunes chercheurs qui, nouveaux docteurs et candidats à un recrutement, manifestent le souhait de le rejoindre. Sa position et ses axes le prédisposent à la transversalité de principe du CHS dont témoignent les cas de multi-appartenance et les collaborations développées avec les autres pôles. Ceci vaut pour ses axes qui ont en commun les problématiques des dominations, du genre, des acteurs. Tous relèvent, par ailleurs, de pratiques d’intervention qui, à travers les fonctions d’expertise et de coopérations avec les acteurs sociaux, concourent à l’une des singularités reconnues de l’unité.

Les membres du pôle contribuent aux fonctions d’enseignement-formation à la recherche par la direction des travaux d’étudiants de plusieurs masters et de doctorants, pour certains sous régime de cotutelle (Canada, Brésil, Chine), l’accueil d’associés étrangers. L’implication de ses chercheurs dans les programmes en cours (DIM Gestes «  Travail et souffrances au travail  » ; PICRI «  Démocraties étudiantes  ») et à venir (projet ANR Corpus Af@tar déposé en octobre 2011 et projet ANR «  Services publics à l’épreuve de l’inégalité, France et espaces coloniaux au XXe siècle  » déposé en avril 2012) dégagent des perspectives d’allocations de recherches et de bourses postdoctorales.

Les programmes en cours et les projets pour les années à venir définissent 5 axes thématiques, dont plusieurs croisent les préoccupations des autres pôles de l’unité et de laboratoires avec lesquels le CHS entretient des relations privilégiées, à l’instar du CEMAF, de l’IDHE et de l’IHTP.

Axe 1 : Pratiques et questions théoriques d’histoire sociale

1.1. Pratiques d’archives à l’ère du numérique

Une attention particulière sera portée aux sources numériques, à trois niveaux différents.

* Au niveau international : Le projet européen Hope auquel participe le CHS s’achève en 2013 (F. Blum). À son terme, 800 000 fichiers numériques de 13 institutions d’histoire sociale et ouvrière dans 11 pays seront accessibles via Europeana, un Labour History portal actuellement en construction et seront mis à disposition de la communauté scientifique. Le réseau de bonnes pratiques mis en place sera consolidé, avec l’organisation de formations lesquelles prendront en compte la nature des sources dans le domaine plus spécifique de la Labour History.

* Au niveau national : Le projet Af@tar (Afrique et archives : pour une histoire sociale connectée des mouvements sociaux, années 1960- années 1970) (resp. F. Blum) proposé à l’évaluation de l’ANR Corpus, piloté par le CHS, en partenariat avec l’IHTP et la Maison des sciences de l’homme de Dijon, comprend quatre volets :

Un projet de recherche ayant pour • terrain l’Afrique francophone (Afrique du Nord, Afrique sub-saharienne) et Madagascar et pour objet les mouvements sociaux.

La localisation et le signalement • de fonds d’archives, tant en Europe qu’en Afrique, en rapport avec les thématiques des mouvements sociaux, des syndicalismes, des grèves, etc. La numérisation, le traitement • et la valorisation d’une partie de ce corpus archivistique, parallèlement à une campagne d’entretiens. La dissémination sur Internet • des données numérisées et des métadonnées associées (site Web, entrepôt OAI-PMH).

* Au niveau local (CNRS/Université Paris 1) : La réflexion engagée au sein du groupe de travail de Paris 1 sera poursuivie en vue d’interroger les «  pratiques d’archives  » des chercheurs en histoire sociale (R. Vaccaro). L’élan donné par cette démarche se continuera à travers l’attention portée à la valorisation de nos fonds d’archives. Les prochaines années l’organisation de journées d’études, la publication d’inventaires - fonds concernant les services publics, la protection sociale des années 1945-1967, les mutuelles, archives de militants, etc. -, de bases de données (textes régissant les services publics), la production de vidéos incluant des entretiens avec les producteurs d’archives et/ou des témoignages autour des fonds les plus récemment inventoriés, ainsi que la réalisation d’expositions virtuelles destinées à mettre en valeur les fonds d’archives (F. Blum, P. Boulland, M. Dreyfus, I. Hayes, J. Menjoulet, G. Morin, C. Pennetier, M. Pigenet, P. Toucas, R. Vaccaro).

Plusieurs membres du laboratoire (A. Dallo, P. Rygiel, F. Saly) participent de plus, en collaboration avec le LAMOP (Paris I), à une réflexion collective consacrée à la structuration et l’exploitation des données historiques à l’ère numérique, dans le cadre du séminaire Analyse, Statistique et Informatique pour les SHS, qui rassemble autour de la question de l’exploitation des données informaticiens, mathématiciens et historiens.

1.2. Mémoires et histoire sociale

Dans la continuité des recherches et initiatives conduites par plusieurs de ses membres actuels (D. Peschanski, M. Pigenet, J.-L. Robert), le pôle prend toute sa place art dans l’Equipex Matrice (dir. D. Peschanski). Cette contribution s’effectue dans la phase initiale d’un programme qui, par-delà les problèmes posés par l’objectif de construire une plate-forme de traitement de flux d’images et de reconnaissance des formes techniques (M. Dufossé, P. Rygiel, A. Dallo), soulève maints défis épistémologiques, au carrefour inédit des sciences «  dures  » et sociales. Elle ira crescendo au fur et à mesure que les performances de l’outil le rendront utilisable par les historiens tournés vers les questions des mémoires des traumatismes – dictatures, guerres, crises et du quotidien (P. Arnaud, F. Blum, R. Branche, B. Groppo, I. Hayes, A. Muller, M. Pigenet, A. Prost, S. Thénault).

1.3. Pratiques et problèmes d’histoire sociale globale

Plusieurs journées d’études permettront de confronter, en relation avec les recherches conduites au sein du CHS et au gré des problématiques, sources et périodes, les pratiques d’une histoire sociale globale, d’en évaluer les apports et les problèmes.

Axe 2 : Travail et sociétés

L’axe, centré sur les dynamiques sociales qui transforment et structurent les mondes du travail, les évalue aussi dans leurs relations avec le reste de la société et les pouvoirs publics. Communes à d’autres sciences humaines et sociales, ses thématiques participent d’une transversalité et d’une pluridisciplinarité de principe.

2.1. Activités (work), souffrances au travail, professionnalisations et salariats

L’histoire du travail, au sens d’une approche historique et anthropologique des activités concrètes, des qualifications et compétences, des identités et des valeurs qui s’y construisent et s’y éprouvent demeurera l’une des spécificités reconnues du laboratoire, en convergence avec les priorités de Paris 1 et de l’Institut SHS du CNRS. Outre la poursuite des recherches menées par ses membres, dont de jeunes docteurs et actuels doctorants (*) (F. Montagnon*, M. Pigenet, B. Prost*), les projets conduits en coopération avec le pôle 2 sur les métiers de la culture (P. Goetschel), l’axe participe n au DIM-Gestes, «  Travail et souffrance au travail  » (2012-2015) (F. Blum, M. Dreyfus, F. Georgi, P. Goetschel, B. Groppo, G. Morin, C. Pennetier, M. Pigenet, P. Rygiel, P. Toucas*, R. Vaccaro). Ce réseau réunit dans une perspective pluridisciplinaire plus de 200 chercheurs issus de trente-deux laboratoires d’histoire, d’économie, de droit, de gestion, de sociologie, d’ergonomie, de psychologie et de psychanalyse. Le financement de thèses et de post-doctorats, de journées d’études et de colloques internationaux, contribuera, en plus du séminaire commun, à la construction des savoirs sur la souffrance au travail, ses modes d’expression individuelle et collective, les mobilisations auxquelles elle donne lieu. L’axe est également partie prenante dans la préparation des journées d’études qui, en janvier 2013, réuniront une trentaine de chercheurs de 6 pays différents en vue de créer un réseau européen d’histoire du travail et d’histoire ouvrière (M. Pigenet, I. Hayès*, B. Prost*, A. Viguier*, B. Groppo). 2.2. Relations professionnelles, syndicalismes et politiques publiques du travail

Si les recherches précédentes impliquent la prise en compte des syndicats, ces derniers relèvent d’une thématique spécifique que le pôle entend poursuivre et renouveler, en relation avec les acteurs sociaux. Ainsi en va-t-il des études en cours sur les politiques de propagande et de communication du syndicalisme et sur les dimensions juridiques de celui-ci (S. Dongkyu*, F. Georgi, I. Hayes*, M. Pigenet, E. Tellier*). Ces thématiques prolongent les travaux sur les «  États et les relations de travail en Europe  », inaugurée en tant que telle par le colloque «  Pratiques syndicales du droit, France, XXe siècle  », elle suscite un intérêt prometteur. Beaucoup reste à faire, en revanche, du côté des organisations patronales où l’on relèvera les éclairages apportés, dans le cadre de travaux plus larges, sur le patronat industriel public des Charbonnages de France (O. Kourchid) et celui du nettoyage industriel (B. Prost*).

2.3. Economie sociale et protection sociale

Dans la continuité des recherches menées sur la protection sociale dans différentes professions (M. Dreyfus, P. Goetschel, M. Pigenet, C. Siney*, P. Toucas*), sur les comités d’entreprise (S. Dongkyu*), les conventions collectives (M. Rolland-Simion*), la coopération, le paritarisme dans la protection sociale et la mutualité. Un travail spécifique en cours s’attache œuvres sociales de la MGEN qui, depuis 1946, accompagnent l’activité de cette grande mutuelle professionnelle proche du syndicalisme enseignant, dans des domaines significatifs ; actions antituberculeuses, psychiatriques, gériatriques et orthogéniques. Ce travail fera l’objet d’une publication en 2015 (C. Siney*). Axe 3 : Citoyennetés, mobilisations et conflits

L’axe, transversal et pluridisciplinaire, est celui des dynamiques politiques, en premier lieu dans les milieux populaires, dont il étudie les modalités de construction, d’affirmation et d’organisation en relation avec les dispositifs et procédures institutionnelles. 3.1. Production et usages sociaux des normes

La production sociale du droit et les usages faits de celui-ci par les acteurs sociaux sont au centre des activités de plusieurs chercheurs, y compris d’autres axes (cf. 2.2). P. Weil poursuit ses travaux sur la dénaturalisation, dans les contextes français et américains, P. Rygiel ses travaux sur l’émergence de régulations transnationales des phénomènes migratoires. Pierre Victor Tournier continuera à animer le séminaire Enfermements, justice et libertés dans les sociétés contemporaines, lieu de réflexion consacré à l’histoire récente du droit pénal et des conditions de sa mise en œuvre, tout en entamant une enquête sur les Crimes, délits et contraventions commis dans le cadre du placement sous écrou. (Dimensions du phénomène, réponses administratives et judiciaires apportées et possibilités d’en réduire l’importance par l’application de loi pénitentiaire du 24 novembre 2009).

3.2. Mobilisations sociales et politiques à l’époque des États sociaux et post-coloniaux

L’axe se propose d’approfondir la problématique historique d’une citoyenneté irréductible à sa seule acception institutionnelle. L’interrogation, constitutive de l’histoire sociale du politique et de la politisation des milieux populaires, contribuera à la poursuite des travaux sur la démocratie associative, les utopies autogestionnaires, l’inorganisation politique, le racisme et l’antiracisme, les violences politiques, les pratiques partisanes, le PCF et la JC (G. Quashie-Vauclin*), le PS et le PSU (G. Morin, F. Georgi), l’extrême-gauche et l’autonomie (O. Jollet-Guérin*).

Nombre des 70 contributions de L’histoire des mouvements sociaux en France aux XIXe et XXe siècles (M. Pigenet, D. Tartakowsky) prennent appui sur les échanges intervenus lors des séances du séminaire «  Histoire sociale et économique du politique, histoire politique du social et de l’économie  » dont les séances mensuelles continueront (M. Margairaz, M. Pigenet). Le programme PICRI Ile-de-France «  Démocratie et citoyennetés et démocraties étudiantes  » (2012-2015) associe acteurs et chercheurs à partir d’une problématique et d’un terrain jusqu’à présent peu explorés (F. Blum, F. Georgi, A. Muller*, M. Pigenet). 3.3. Pouvoirs et contestations en situations d’exception (domination coloniale, guerres, dictatures – Seconde Guerre mondiale, Brésil et Argentine)

Les recherches présentées plus bas (5.2.) sur les mouvements sociaux dans l’Afrique des années 1960-1970 comme sur le rôle de tels mouvements dans les sorties des dictatures militaires en Amérique latine (B. Groppo, A. Muller*), apporteront d’utiles bases de comparaison et d’extension géographique de ces problématiques.

L’empire français constitue également un terrain privilégié pour cette histoire sociale de l’État et des rapports des populations au pouvoir et au politique. S. Thénault poursuivra ainsi ses recherches sur l’histoire sociale des pratiques répressives en Algérie coloniale, assurant l’animation de deux séminaires (Pour une histoire sociale de l’Algérie colonisée et Histoire des empires et des colonisations) permettant de tisser des liens tant avec le monde universitaire algérien qu’avec les spécialistes des autres espaces coloniaux. L’accent mis sur les espaces coloniaux conduit à prêter une attention particulière aux situations d’intense conflictualité (conquête, pacification, décolonisation). R. Branche entame ainsi une histoire de l’armée française aux temps de la décolonisation, dans le cadre d’un réseau européen qu’elle co-anime (Armed forces in the period of decolonization), L’attention ancienne portée par les chercheurs du CHS aux dynamiques politiques et sociales en période de guerre (R. Branche, D. Peschanski, B. Prost, S. Thénault), les liens étroits entretenus avec l’IHTP et la naissance à l’Université Paris I d’un institut de war studies doivent conduire celui-ci à prendre collectivement sa part à la structuration de ce champ d’études, et en particulier à offrir des éléments de formation intégrés au sein de cursus de formations spécialisées dans le prolongement du séminaire de master animé depuis quelques années par R. Branche et O. Wiewiorka. 3.4. Services publics à l’épreuve de l’inégalité

Le programme «  Les services publics à l’épreuve de l’inégalité (France et espace coloniaux au XXe siècle)  », initié en juin 2010, est candidat à un financement ANR dont le dossier a été déposé en avril 2012. Transversal par sa capacité à réunir 27 collègues issus des trois pôles du CHS (F. Bellanger, F. Blum, C. Chevandier, M. Dreyfus, P. Goetschel, F. Montagnon*, M. Pigenet, B. Prost*, S. Thénault, C. Vorms), de laboratoires français et étrangers, il procède d’un partenariat avec l’IDHE-Paris 1 et participe d’une démarche pluridisciplinaire. Il s’agit d’étudier, sur un siècle, le rôle des services publics dans la réduction des inégalités. Occasion d’un retour sur les missions et les formes d’interventions des services publics, la recherche sera centrée sur leurs publics et leurs personnels. Appliqué à la France métropolitaine et aux espaces coloniaux du XXe siècle, il favorisera un questionnement comparatif qui, d’abord limité à la Belgique, l’Espagne et au Royaume-Uni, préparera une recherche ultérieure plus étendue.

Ces thématiques rejoignent celles des travaux menés depuis longtemps autour d’Antoine Prost, consacrés aux liens entre appareil scolaire et inégalité sociale, qui se poursuivent dans le cadre du séminaire Histoire des politiques éducatives en France depuis 1936. Axe 4 : Milieux et mondes militants

4.1. Sociobiographie et prosopographie des militants en France

Le chantier des Dictionnaires sera en pleine activité au cours du prochain quinquennal (P. Boulland*, C. Pennetier). Les trois derniers volumes (10, 11, 12), qui viendront clore la période 1940-1968, restent à publier et seront complétés par un ouvrage de bilan et de valorisation (F. Blum, P. Boulland*, E. Debono, M. Dreyfus, M.-L. Goergen, F. Georgi, B. Groppo, G. Morin, C. Pennetier, M. Pigenet, C. Siney*, P. Toucas*). La poursuite de l’enquête pour la période postérieure à 1968 se fera uniquement en ligne, mais des volumes thématiques ou géographiques seront édités sur papier. Le travail de révision et de balisage de la base de données sera prolongé afin de développer les usages quantitatifs et prosopographiques. À travers le site maitron-en-ligne, la dimension pédagogique sera particulièrement développée, autour de «  parcours  » thématiques et de documents commentés.

4.2. Ancrages militants

La réflexion sur les itinéraires militants autour de 1968 sera approfondie dans la perspective d’un colloque sur les acteurs de mai-juin qui tiendra compte des mobilisations locales. La base en ligne servira de support à cette grande enquête. Ce travail s’inscrira plus largement dans le cadre de l’approfondissement de la réflexion sur l’ancrage des acteurs des mouvements sociaux. Elle permettra d’envisager de nouvelles questions à des échelles fines et s’appuiera sur un dialogue renforcé avec la sociologie et la science politique (P. Boulland*, C. Pennetier). 4.3. Pratiques internationales et comparatisme des militantismes

Les dictionnaires internationaux en cours seront achevés. Un dictionnaire portant sur l’Afrique équatoriale française et l’Afrique occidentale française ainsi que Madagascar, ignorées jusqu’ici, sera intégré à la base en ligne. Les liens tissés en Argentine, en Bolivie, au Brésil et au Chili témoignent par ailleurs de l’intérêt de chercheurs latino-américains pour la prosopographie des militants des mouvements sociaux (F. Blum, F. Georgi, B. Groppo, A. Muller*, M. Pigenet).

Axe 5 : Circulations et migrations dans le processus de mondialisation

5.1. Migrations : flux, dynamiques sociales et politiques publiques

L’un des enjeux du prochain quadriennal sera l’élargissement et la structuration du GIS Histoire et mémoire des migrations, crée en 2011, auquel le CHS est directement associé et dont Philippe Rygiel préside le conseil scientifique. Cela passe par l’ouverture à de nouveaux partenaires, la recherche de financements extérieurs aux institutions lui ayant donné naissance et le lancement de projets scientifiques permettant une pleine association du laboratoire à ses travaux. Plusieurs projets ou collaborations sont à l’étude. Des représentants du GIS sont associés à un projet européen porté par l’université de Reading (RU), qui se propose de mener une analyse des discours publics évoquant l’immigration dans le contexte européen (premier workshop en juin 2012). Associant analyse de vastes corpus discursifs et analyse linguistique, il est parent par sa méthodologie du projet MATRICE. Le GIS évalue aussi la faisabilité d’un programme consacré à la circulation des élites (artistiques et économiques) dans le cadre de l’Europe contemporaine, ce qui rejoint certaines des préoccupations du pôle culture, et une histoire des lieux de transits (gares, ports, aéroports) susceptible de croisements avec les axes 2.1 et 2.2 précédents.

5.2. Circulations et mobilisations internationales

Le programme sur les mouvements sociaux en Afrique des années 1960-1970, qui a débuté lors du quadriennal 2008-2012 se poursuivra jusqu’en 2014, en collaboration avec le CemAf (F. Blum, F. Georgi, M. Pigenet, R. Vaccaro). Il comporte deux versants, documentaire et scientifique, étroitement articulés l’un à l’autre. La recherche a pour terrain l’Afrique francophone (Afrique du Nord, Afrique sub-saharienne) et Madagascar et pour objet les mouvements sociaux, considérés sous l’angle des processus d’hybridation et de transferts qu’ils véhiculent, en vue de mieux cerner l’émergence d’une culture d’opposition transnationale. Le programme prévoit un repérage des sources, la tenue d’un séminaire commencé en octobre 2011 et étalé sur trois ans, l’organisation de trois journées d’études et d’un colloque international. Le programme collectif de recherches, financé par la Fondation pour le soutien de la recherche de l’État de Rio de Janeiro, sur les mouvements sociaux brésiliens et leurs mémoires recoupe nombre de questions familières au CHS et devrait permettre la conclusion d’une convention de coopération (A. Muller*). Les relations établies avec les chercheurs de l’Unicamp de l’État de Sao Paulo ou les travaux sur les effets de la circulation des travailleurs, des délocalisations et de la mondialisation sur les structures et les stratégies syndicales concourent à l’émergence d’une histoire ouvrière globale (D. Amaral*, F. Blum, F. Georgi, B. Groppo, M. Pigenet). La problématique de la démocratisation au sortir d’un régime dictatorial structure les recherches conduites au Brésil dans une perspective de nature à nourrir le programme PICRI «  Démocratie et citoyennetés et démocraties étudiantes  » (A. Muller*). Plusieurs chercheurs étrangers ont donné leur accord, d’autre part, pour la mise en chantier d’un séminaire international sur «  Le modèle oublié : la Yougoslavie de Tito et la recherche d’une troisième voie, à l’Est, à l’Ouest, et aux Suds  » (F. Georgi).