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Histoire sociale du rock

publié le

Histoire sociale du rock

Responsables : Arnaud Baubérot (CRHEC) et Florence Tamagne (IRHis et Centre d’histoire sociale du XXe siècle).

Mercredi 14h-16h à partir de février 2014.

Amphithéâtre, centre Malher, 9 rue Malher, 75004 Paris (métro : Saint Paul)

Institutionnalisée dans les pays anglo-saxons, à la croisée de la musicologie et des cultural studies, l’histoire du rock, en dépit de travaux de valeur, demeure, en France, encore largement absente de l’Université. Considéré comme un objet d’étude mineur, le rock a souffert du discrédit qui pèse sur lui depuis les années 1960, malgré l’intérêt exprimé très vite par certains intellectuels comme Edgar Morin.Certes, la presse spécialisée, les multiples sites internet et une offre éditoriale abondante permettent de répondre en partie aux demandes du très large public d’amateurs/spécialistes/fanatiques. Pour autant, le champ d’investigation possible ne saurait se limiter à la nécessaire histoire des courants musicaux, des groupes phares et des idoles. Ce séminaire se propose donc d’ouvrir un espace de discussion sur l’histoire du rock telle qu’elle se construit aujourd’hui en France, mais aussi à l’étranger.

Propice à toutes les ambiguïtés et à tous les sectarismes, le terme “rock” sera entendu ici dans son sens le plus large. Plutôt que de tenter de tracer d’incertaines limites et de procéder par exclusions ou inclusions successives, nous retiendrons comme point de départ de notre réflexion la définition fournie par Philippe Teillet dans son article « Une politique culturelle du rock ? » (Patrick Mignon, Antoine Hennion (dir.), Rock de l’histoire au mythe, Paris, Anthropos, coll. « Vibrations », 1991, p. 218) : « Terme générique qui recouvre des expressions souvent incohérentes, le rock n’existe qu’au travers d’un discours (histoire, critique, actualités) dont il est l’objet et qui le forme ».

C’est bien ce discours qui sera ici l’objet central de nos interrogations. S’il s’inscrit prioritairement dans le champ de l’histoire sociale, ce séminaire entend croiser les approches et s’ouvrir aux méthodologies des disciplines intéressées par l’histoire des musiques et des cultures populaires : musicologie, sociologie, études littéraires, sciences politiques, économie, cultural studies, genderstudies, visualstudies …sans a priori. De même, étant donné l’état actuel de la recherche sur le rock en France, il apparaît impératif de ne pas se limiter à une approche universitaire mais de faire la place, toujours dans une perspective critique et scientifique, aux travaux, apports et témoignages des érudits, des journalistes et des professionnels de la musique.

Les séances de 2h seront organisées environ une fois par mois autour de deux intervenants. Le séminaire est ouvert aux chercheurs, doctorants et étudiants à partir du Master 1 mais aussi aux professionnels de la musique et à toute personne intéressée par l’histoire sociale du rock.

Contacts : Arnaud Baubérot (bauberot@u-pec.fr) et Florence Tamagne (ftamagne@noos.fr).

PROGRAMME

Séance 1 : 19 Février 2014 : Mythes/Fans

Gabriel Segré(MCF, Sociologie, Université Paris Ouest, SOPHIAPOL) : « Elvis et le religieux »

Pierre France (doctorant, Sciences Politiques, Paris 1) : « Travailler sur ou à travers les fans ? L’exemple du forum Schkopi et de Prince »

Séance 2 : 5 mars : Rock français : années 1950 et 1960 (1)

Corinne François-Denève (MCF, Lettres, UVSQ) : « Johnny Hallyday à 20 ans : L’idole des jeunes »

Audrey Orillard (doctorante,Histoire, Paris 1) : « Le yéyé, rock français ? »

Séance 4 : 14 mai 2014 : Performances

Jean-Patrick Besingrand (doctorant, Musicologie, Paris 4) : « Does humor belong in rock concerts ? Du concert rock au théâtre musical : le cas de Frank Zappa »

Sébastien Denis (MCF, Cinéma, Aix-Marseille) : « Un des plaisirs, quand vous êtes un être humain, c’est d’aller à un concert de rock’n’roll. Le rock dans le cinéma de Wim Wenders »

Séance 3 : 21 mai : Rock et contestation

Delphine Pietu (doctorante, histoire, Paris 7) : « Rock’n’roll et Blousons noirs, entre marqueurs identitaires et stigmatisation (France, fin des années 1950-débuts des années 1960) »

Ophélie Rillon (docteure du CEMAf, ATER, histoire, Paris 1) : « Musique et subversion. Être yéyé et rock au Mali dans les années 1960-1970 »

Séance 5 : 4 juin 2014 : Transferts culturels

Yingxue Huang (Doctorante, recherches transculturelles, Lyon 3) : « La musique rock made in China »

Michael Spanu (Doctorant, Infocom, Université de Lorraine) :« Sociohistoire de l’usage de la langue anglaise dans le rock français »

Séance 6 : 11 juin 2014 : Rock français : années 1980 et 1990 (2)

Foued Nasri (doctorant, CERI IEP Paris) : « Le rock dans l’émergence des héritiers dans l’immigration maghrébine au début des années 1980 »

Karim Hammou(sociologue, chargé de recherche au CNRS, CRESPPA-CSU) :« Et si Toulouse était devenu l’autre capitale du rap ? Quartier Arnaud-Bernard, 1990 »