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Pôle 2

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Pôle 2 : Représentations : politiques, systèmes, relations

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Les trois axes définis dans le contrat précédent, qui ont prouvé leur pertinence et leur fécondité, seront conservés. Le développement du Pôle et celui du Centre permettront d’y ajouter deux programmes transversaux, l’un autour du Genre, l’autre autour de Paris, appelés à devenir prioritaires en fin de contrat, au carrefour de l’agenda historiographique actuel et de l’état de la demande sociale sur ces deux questions.

Au sein du PRES Hesam nos collègues ont déjà l’habitude des travaux en commun avec d’autres équipes de Paris 1 (Isor et Irice, en particulier) et l’EHESS (CRH et CRAL). La nature du champ couvert fait du pôle thématique un lieu d’emblée pluridisciplinaire (avec l’anthropologie – déjà présente avec Patricia Hidiroglou –, la sociologie, l’histoire des arts et de l’audio-visuel, etc.). Ces lignes seront évidemment appelées à se renforcer. Elles le seront d’autant plus que le projet MATRICE fera travailler ensemble sciences du vivant, sciences de l’ingénierie et sciences sociales. Le nouveau contrat devrait permettre, par le développement de MATRICE et le renforcement des liens avec l’IHTP, dont nous sommes depuis plusieurs années un interlocuteur privilégié, la progressive mise au premier rang de la dimension comparative internationale, grand enjeu scientifique des prochaines décennies pour lequel le CHS dispose d’une expérience convaincante. La réflexion sur les circulations culturelles internationales sera systématisée, en collaboration avec des partenaires internationaux, à la fois européens et extra-européens.

Axe 1. Épistémologie de l’histoire culturelle

La priorité sera dans l’approfondissement de trois déclinaisons du statut de l’historique dans les sociétés contemporaines : le mémoriel, l’historien et le patrimonial.

1.1. Mémoire et histoire (responsabilité : Denis Peschanski)

L’élément moteur en sera l’Equipex MATRICE. Initié par Denis Peschanski, qui en est le directeur scientifique, porté par le CHS au sein du PRES Hésam et formé d’un grand nombre de partenaires français et étrangers – dont l’INA, avec lequel nous avons de longue date noué des partenariats –, ce projet vise à constituer une plate-forme technique permettant le traitement de flux d’images et la reconnaissance de formes, entre mémoire individuelle et mémoire sociale. Adossé aux États-Unis sur le programme «  Memory and Memorialization  » (NYU, US Foundation for Museum and Memorial 9/11), il engagera à Paris 1 le master «  Histoire et gestion du patrimoine culturel  » - dont Julie Verlaine est l’enseignant référent pour l’UFR d’histoire - ainsi que diverses recherches personnelles de membres du pôle, au premier desquelles celles d’Anaïs Guilpin, doctorante et ATER (partie «  télévisuelle  » du projet). Afin d’exploiter le corpus d’actualités filmées mises à disposition par l’INA et traitées dans le cadre du projet, plusieurs membres du laboratoire déposeront un projet d’ANR autour de la thématique opinion, image et médias. 1.2. Construction des savoirs historiens (co-responsabilité Pôle 3/IHTP) Dans le cadre du renforcement des liens avec l’IHTP, un programme international de questionnement historiographique, élargissement comparatiste du séminaire épistémologique «  Faire de l’histoire aujourd’hui  » - qui est aujourd’hui le séminaire de référence en France dans ce domaine -, sera mis en place, sous la responsabilité du co-directeur du séminaire IHTP, Patrick Garcia.

1.3. Patrimoines immatériels dans l’espace contemporain (responsabilité : Julie Verlaine)

Ces dernières décennies s’est constitué un objet nouveau de la réflexion et de l’action publique, le «  patrimoine immatériel  », entendu comme réunissant l’ensemble des pratiques sociales de fonction et de signification identitaires, allant des savoir-faire aux expressions artistiques collectives en passant par les rituels. Une attention particulière sera portée, en partenariat avec les services de l’Inventaire rattachés à la région Île-de-France, au patrimoine immatériel francilien et à la mémoire contemporaine de l’histoire régionale. L’exploration commencera par un séminaire d’enseignement et de recherche dédié, et se développera ensuite autour d’une série d’études de cas. Nous travaillerons également, en collaboration avec différentes institutions qui bénéficient du labex Patrima sur les patrimoines matériels (et particulièrement le CHCSC de l’UVSQ), autour des questions du patrimoine immatériel du spectacle.

Axe 2. Histoire des imaginaires sociaux contemporains

Il s’agira ici de poursuivre les enquêtes collectives et individuelles entreprises engagées dans le cadre du contrat précédent, certaines toutes récentes, et, à chaque fois, dans une démarche transdisciplinaire.

2.1. Mythologies du contemporain (responsabilité : Pascal Ory)

Le séminaire de master 2/doctorat d’histoire culturelle du contemporain sera, dans la continuité du séminaire de l’EHESS consacré à ce thème jusqu’en 2011, le lieu de ce questionnement. L’anthropologie nous a accoutumés au questionnement du social en termes de mythe et de mythologie. L’historien s’est saisi de cette lecture quand il a entrepris d’étudier des sociétés au système symbolique éloigné du nôtre. Mais qu’en est-il des sociétés «  modernes  », voire «  post-modernes  » ? La réponse passe par une série d’études de cas. Elle tiendra compte de l’important propos d’étape que constituera la tenue, à la fin du contrat précédent, d’un colloque de l’École doctorale d’Histoire de notre université, consacré à l’exploration de cette thématique dans une perspective transpériodique. 2.2. Autour du récit audio-visuel (responsabilité : Pascale Goetschel)

Le prochain contrat verra la seconde étape du programme collectif de recherche engagé par Pascale Goetschel autour du feuilleton télévisuel, en collaboration avec les équipes Isor (Paris 1) et CEISME (Paris 3). C’est dans une problématique analogue que se situe, sur le terrain du cinéma, le travail en cours de la doctorante (AMN) Hélène Fiche.

2.3. Anthropologie historique du corps contemporain (responsabilité : Pascal Ory)

Après la clôture, dans le cadre du contrat précédent, des deux premiers axes de ses recherches («  Culture et société contemporaine  » et «  Identité nationale à l’épreuve du XXe siècle  »), Pascal Ory prolongera le travail collectif entrepris à partir de 2011 (séminaire de master) sur l’hypothèse d’une révolution corporelle du XXe siècle occidental, commencée dans l’espace féminin et peu à peu étendue à l’ensemble des «  genres  ». Une publication collective est prévue. Un programme spécifique sera conduit avec Morgan Jan, jeune docteure du Pôle, devenue responsable du patrimoine d’une maison de haute couture.

2.4. Prémices culturelles de l’écologie politique (responsabilité : Anna Trespeuch)

L’atelier confié à notre jeune collègue, ouvert en 2012 et transformé dans le cadre du nouveau contrat en séminaire de recherche ouvert aux mastériens, a pour vocation de constituer un pôle de référence à l’échelle internationale en ce qui concernera l’histoire de la pensée et de l’imaginaire écologiste, grosse de coopérations avec le pôle 1.

Axe 3 : Histoire sociale de la production culturelle

Au carrefour de l’histoire culturelle et de deux autres spécificités du CHS et de son pôle 1- l’histoire du travail et l’histoire des mouvements sociaux -, cette approche continuera à être développée. 3.1. Histoire des métiers de la culture (responsabilité : Pascale Goetschel)

Plusieurs de nos collègues sont engagés dans le projet d’ANR sur «  les services publics à l’épreuve de l’inégalité, France et espaces coloniaux au XXe siècle », porté par le CHS (Michel Pigenet) et l’IDHE (Michel Margairaz), qu’il s’agisse de l’approche théorique de la notion (travaux antérieurs de Pascal Ory) ou de son application au domaine du spectacle, en particulier dans le domaine bien particulier des métiers dédiés au public – relations publiques, service culturels, correspondants, médiateurs – (Pascale Goetschel). Il en va de même avec le DIM (domaine d’intérêt majeur) mis en place en 2012 par la région Île de France dans le cadre du Groupe d’étude sur le travail et la souffrance au travail (Gestes), sur le travail et la souffrance au travail dans les milieux du spectacle (Pascale Goetschel). L’ensemble de ces enquêtes sera coordonné au sein d’un nouveau séminaire d’enseignement et de recherche voué aux institutions et professions du spectacle et de l’audiovisuel, placé sous la direction de notre collègue.

La question de la «  féminisation  » des métiers culturels fera l’objet d’une recherche spécifique coordonnée par Julie Verlaine (v. plus loin). 3.2. La culture comme fait social (responsabilité : Julie Verlaine)

Cinq chercheurs et chercheuses ont voué leurs recherches à cette exploration, cadastrant les champs :

- des arts plastiques (travaux de Julie Verlaine sur les amateurs d’art, qui seront développés autour de deux problématiques : le goût artistique, sa construction, son expression et sa diffusion ; les formes de sociabilité et d’«  engagement  » se développant au sein d’associations, groupes et clubs d’amateurs d’art au XXe siècle ;

- de la photographie (travaux de Françoise Denoyelle sur les studios parisiens de photographies, de Caroline Fieschi sur la photographie scientifique) ;

- du spectacle vivant (HDR en cours de Pascale Goetschel sur La «  crise du théâtre  » en France au XXe siècle ; thèse en cours de Nathalie Lempereur) ;
- du cinéma (thèse en cours de Myriam Juan) ;

- de la musique savante (thèse en cours de François Anselmini) et populaire (HDR en cours de Florence Tamagne sur l’histoire culturelle du «  phénomène rock  » ; tutorat : Pascal Ory) ;

- de la danse (travaux de Sophie Jacotot, docteure, chercheuse associée ; thèse en cours de Marion Rhéty).

Deux projets collectifs seront dans ce cadre parachevés : la dynamique impulsée par le grand colloque de 2011 sur les festivals sera déclinée sur plusieurs plans, Julie Verlaine et Pascale Goetschel s’associant au programme (responsable : Françoise Blum) du CHS intégré dans le projet d’ANR Corpus, au titre de l’histoire des Festivals mondiaux de la jeunesse (journée d’études programmée) ; Florence Tamagne continuera d’animer avec Arnaud Baubérot l’atelier récemment créé au sein du Pôle 3 autour de l’histoire sociale du rock. Un colloque international est envisagé à l’horizon 2015.

C’est autour de ces différents champs que sera favorisée la constitution de réseaux internationaux de recherche dont le CHS constituera un pôle d’importance. Il s’agira de réunir des chercheurs du monde entier, notamment sur les circulations culturelles en matière d’arts plastiques et d’arts de la scène (circulation des hommes et des œuvres, transferts esthétiques). À ce titre nous seront partenaires d’un programme commun avec six universités suisses et allemandes sur le thème “Circulations et transferts culturels dans l’espace européen au XXe siècle” (responsable : Claude Hauser, université de Fribourg, Suisse).

3.3. Histoire culturelle de l’audio-visuel (responsabilité : Pascale Goetschel)

Plusieurs chercheurs travaillent à écrire (en pionniers) une histoire culturelle de l’audio-visuel, avec une focalisation toute particulière sur la radio et la télévision. Pascal Ory assure depuis la création du master «  Histoire et audio-visuel  » le seul enseignement de niveau master sur la place de Paris consacré à l’histoire de la radio, d’où sont issus chaque année plusieurs mémoires. La mise en relation des hypothèses de travail testées sur ce terrain et par Pascale Goetschel sur celui de la télévision avec celui du cinéma se fera dans le double cadre du partenariat déjà existant avec l’équipe Isor (Myriam Tsikounas, Sébastien Le Pajolec) et du partenariat qui commence à se nouer avec l’IHTP. Dans ce dernier cas un programme comparatif sera lancé avec Anne Kerlan.

3.4. Politiques et pratiques du «  temps libre  » (responsabilité : Marion Fontaine)

Malgré la disparition de Françoise Tétard, nous entendons nous inscrire dans la continuité de ses travaux avec Marion Fontaine (chercheuse associée) qui, comme elle, situe son enquête au carrefour de l’histoire du mouvement social développée au sein du pôle 1et des politiques de la culture, dans les deux directions du «  temps libre  » et du «  spectacle sportif  », rejoignant ainsi les recherches en cours de Christophe Granger et des doctorants Julie Manfredini et Gilles Monteremal.

Deux thématiques transversales

• Approche genrée de la société culturelle (responsabilité : Julie Verlaine) Le genre, entendu comme construction sociale des identités sexuées, thème majeur du CHS, est l’objet principal des travaux de pas moins de six chercheurs et chercheuses de notre pôle thématique associé-e-s aux activités de l’Axe pluridisciplinaire sur le genre de l’Université Paris 1 (réunions régulières, une journée d’études pluridisciplinaire jeunes chercheurs par an), ainsi qu’à l’Atelier Genre Condorcet, financé par la Fondation Condorcet.

G.1.

À la confluence entre l’histoire du travail (pôle 1) et l’histoire des représentations, une recherche, placée sous la responsabilité de Julie Verlaine, sera entreprise sur les modalités de féminisation des différentes professions culturelles durant un large XXe siècle (1880-2010). Il s’agira d’étudier en culturaliste un phénomène bien connu des sociologues, celui de la part croissante des femmes dans le secteur large de la médiation culturelle pour en interroger les réalités et les limites, les moteurs et les freins, les origines dans et les effets sur les productions culturelles elles-mêmes. L’enquête sera consacrée dans un premier temps à certaines professions proches du milieu des arts plastiques, puis élargie au plan spatial (monde occidental) et sectoriel (spectacle vivant, médias, littérature). Le comparatisme sera favorisé par la constitution d’une équipe de recherche interdisciplinaire et internationale autour de cette problématique.

G.2.

Les logiques sociales et politiques en jeu dans les représentations des rapports sociaux de sexe structurent les travaux de Sylvie Chaperon, chercheuse associée, pionnière de l’historiographie du discours «  sexologique  » (un séminaire de recherche Paris 1/NYU in Paris), et les recherches en cours de deux doctorants, Hélène Fiche –Construction et déconstruction des rapports sociaux de sexe dans les films français à succès (1968-1982) – et Martin Pénet (Confusion de genre et ambiguïté sexuelle dans le monde de la chanson à Paris).

La dialectique genrée des représentations et des pratiques culturelles se retrouve au cœur des recherches de Julie Verlaine sur les galeristes et les collectionneuses d’art.

G.3.

Le dialogue entre histoire sociale et histoire culturelle continuera de nourrir les travaux de Florence Tamagne, pionnière, elle aussi, d’une historiographie, celle de l’homosexualité féminine, et la recherche engagée par le doctorant Régis Revenin, sur sexualité et construction du genre au travers de la figure du «  jeune  » des Trente glorieuses, fondée, dans la tradition de Françoise Tétard, sur l’archive de l’éducation surveillée.

• Paris dans l’histoire culturelle du XXe siècle (responsable : Pascale Goetschel) L’autre thématique transversale privilégiée pour le plan 2014-2018 est celle de Paris, «  terrain  » de certaines enquêtes et moteur de collaborations (avec le pôle 3 du CHS) et de partenariats envisagés avec les institutions territoriales proches du laboratoire (Mairie de Paris, Région Île-de-France).

P.1.

Le projet prioritaire portera sur le terrain, encore largement vierge, de l’histoire de la géographie culturelle de Paris et son agglomération, dans la continuité de la dizaine de monographies (mémoires de maîtrise et de master) consacrées, sous la direction de Pascale Goetschel et de Pascal Ory, à des équipements et des événements culturels de la région parisienne (salles de spectacles, centres culturels, festivals…).

Julie Verlaine est associée au programme ANR Jeunes Chercheurs Artlas d’une «  histoire socio-spatiale des arts et des lettres  », porté par Béatrice Joyeux-Prunel, MCF à l’ENS Ulm, pour 15  % de son temps de recherche. Dans cette perspective seront développées des recherches sur les lieux d’exposition artistique parisiens, dont une partie des résultats sera cartographique.

P.2.

L’histoire de la géographie culturelle de l’espace parisien accueillera les deux programmes personnels de Patricia Hidiroglou – sur la réaffectation culturelle totale ou intermittente des lieux de culte à Paris, «  du cultuel au culturel  », et de Pascal Ory sur la «  géographie symbolique de Paris  » (inscription spatiale, fondé sur ses travaux théoriques antérieurs (RHMC, 2000) portant sur la notion de «  politique symbolique  » (usage de l’emblématique, du monumental et du rituel par les agents du politique).