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L’ Internationale situationniste - De l’histoire au mythe (1948-2013)

par chs - publié le , mis à jour le

L’ Internationale situationniste - De l’histoire au mythe (1948-2013)

Réalisation film : Jeanne Menjoulet

Production : CHS

L’Internationale situationniste, mouvement à la confluence des avant-gardes artistiques (Dada, le surréalisme....) et politiques (extrême gauche), a porté une critique extrêmement vive et radicale sur la société de consommation qui se met en place durant les "30 glorieuses". Confidentiel durant la décennie qui a suivi sa création, le mouvement est devenu progressivement mythique. Anna Trespeuch-Berthelot en analyse la réception au fil des décennies, et pour cela, en retrace son histoire. Et cette histoire va bien au-delà de la période allant de sa création en 1957, à son autodissolution en 1972. Durant cette quinzaine d’années, il ne s’agit d’ailleurs pas d’une histoire linéaire, même si un cycle "artistique" jusqu’en 1962, précède un cycle "politique" où l’utilisation subversive des "détournements" des années 1960 (films, comics, photographies érotiques) a marqué de son empreinte les représentations que l’on se fait de mai 1968.

Confidentiel durant les 10 premières années de son existence, la césure est marquée au milieu des années 1960. Un activisme dans le milieu étudiant suivi de la publication de deux essais majeurs, en 1967 : La société du spectacle de Guy Debord, chez Buchet-Chastel, et le traité de savoir-vivre à l’usage des jeunes générations de Raoul Vaneigem, chez Gallimard, dans la collection de la NRF élargissent considérablement la notoriété du mouvement et sa posture subversive à la veille de mai 1968.

Mais son succès auprès de la jeunesse militante entraînera son déclin, Anna Trespeuch-Berthelot en montre le paradoxe. Cette période de déclin s’achève avec l’acte d’autodissolution de l’IS qui est signé par Guy Debord et son jeune camarade italien Gianfranco Sanguinetti dans un livre publié chez champ libre, en 1972, livre-testament insolite où Guy Debord refuse que l’organisation situationniste ait des héritiers : refus des disciples, refus d’être continuée d’une manière ou d’une autre.

Les militants qui se réclament de l’IS et qui ont été baptisés « pro-situationnistes » par « l’élite » situationniste du vivant de l’organisation, prolongeront pourtant l’œuvre situationniste par une multiplicité de groupes et de publications. Les années 2000 et le développement d’Internet permettront de multiplier les lecteurs et rendront largement accessibles les écrits situationnistes.

La filiation avec le mouvement punk (reprise de l’esthétique situationniste dans l’esthétique punk, par l’utilisation des détournements) médiatisée dix ans après l’explosion punk, marquera un tournant dans la réception du mouvement situationniste. Le livre "Lipstick traces" de Greil Marcus, en 1989, fait en quelque sorte entrer les situationnistes dans la légende pop.

Mais c’est le processus de légitimation et d’exposition dans les haut-lieux culturels depuis les années 1990-2000 qui couronne cette histoire, une histoire qui nous conduit jusqu’en 2013, année de l’exposition à la BNF "Guy Debord. Un art de la guerre", en quelque sorte aboutissement de ce cycle de légitimation et de personnalisation autour du personnage de Guy Debord.

Remerciements, crédits et liens :

Musique :

Courtesy of the artist The Durutti Column

‘Suicide in E Major’, Live at Manchester Town Hall Composers Vini Reilly and Bruce Mitchell [http://www.thedurutticolumn.com]

Images / archives :

- La Bibliothèque de documentation internationale contemporaine (BDIC) : [http://www.bdic.fr/]

- Le Centre d’Histoire du Travail, Nantes (CHT), Christophe Patillon : [http://www.cht-nantes.org/]

- Archive.org : Grands soirs et petits matins, mai 1968 au quartier latin (William Klein)

- Jean-Paul Margnac, photographe

- Archive.org : Universal Newsreel

- Archive.org : U.S. Army Pictorial Center

Voix additionnelles/lectures :

Olivier Büttner

David Menjoulet

Nicolas Schmidt


L’ouvrage de Anna Trespeuch-Berthelot est édité aux Presse Universitaires de France Préface de Pascal Ory


Contact pour projections ou autres diffusions du film du CHS Jeanne Menjoulet : e-mail - jeanne.menjoulet@univ-paris1.fr Adresse postale - CHS Réalisation audiovisuelle CNRS, 59 rue Pouchet, 75017 Paris