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La ville informelle au XXE siècle

par chs - publié le , mis à jour le

Programme Emergences

La ville informelle au 20e siècle, sous la direction de Charlotte Vorms.

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Ce projet propose de faire l’histoire des bidonvilles au 20e siècle sous l’angle de leur traitement par les pouvoirs publics, soit à la fois leur construction juridique et réglementaire, et l’administration des populations qui y résident. Ce faisant, la recherche nourrira la réflexion sur le fonctionnement de l’État et sa relation avec les individus dans les sociétés contemporaines, et apportera un éclairage historien à la compréhension des bidonvilles des villes du Sud d’aujourd’hui. Il s’agit ainsi 1. d’analyser dans la longue durée et dans un espace transnational la genèse historique des catégories administratives de la ville informelle ou irrégulière, largement utilisées aujourd’hui ; 2. de mettre en lumière l’administration des populations de travailleurs pauvres et migrants par les politiques définissant et ciblant ces quartiers et d’éclairer ainsi les rapports de pouvoir qui se jouent dans cette relation entre l’État et ces populations, selon les différents régimes et contextes politiques considérés ; 3. de contribuer à l’histoire des sciences sociales dont un épisode s’écrit dans les années 1950-70 dans les bidonvilles, où un groupe d’acteurs composite mène ensemble enquête, action sociale, et action politique ; 4. de contribuer enfin à l’histoire du renouvellement du politique dans les années 1960-70 sous l’impulsion des mouvements citadins qui émergent alors dans ces quartiers, motivés par ces relations de pouvoir spécifiques. Pour cela, les différents membres du projet, travaillant chacun sur une ville particulière (Paris, Madrid, Rome, Rio de Janeiro, Alger, Casablanca), se donneront un protocole de recherche commun.

This project aims to study the history of shantytowns during the 20th century via how they have been dealt with by public authorities, examining how these areas have been constructed through laws and regulations alongside how such authorities have managed shantytown inhabitants. In so doing, this research will enhance our thinking both about how the State operates and its relation to individuals in contemporary societies, as well as bringing historically-informed insights to our understanding of shantytowns in today’s global South. The project therefore aims to : (1) analyse, from a long term and transnational perspective, the emergence of the now widely-used administrative categories applied to informal or unauthorised settlements ; (2) highlight how authorities deal with poor workers and migrants through policies defining and targeting these urban areas, and to thereby shed light on the nature of power relations between the State and these groups, taking due account of different political regimes and contexts ; (3) contribute to the history of the social sciences, one episode of which occurred in the shantytowns between the 1950s and the 1970s, when a heterogeneous group of actors came together to undertake academic studies, social work and political activities ; (4) lastly, to provide new knowledge on the renewal of political action in the 1960s-70s inspired by urban social movements that emerged in these districts at this time due to specific forms of power relations. To do so, the different participants in the project, each working on a particular city (Paris, Madrid, Rome, Rio de Janeiro, Algiers, Casablanca), will elaborate a common research protocol.