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Shoah par balles et Mémoire orale (MATRICE)

par chs - publié le , mis à jour le

Vidéos réalisées à l’occasion du séminaire (dans le cadre de l’Equipex Matrice) sur les témoins de proximité et les représentations des fusillades massives des juifs en Ukraine.

Témoignages de la shoah par balles - Intro workshop (1)

Introduction par Denis Peschanski (Directeur de recherches CNRS au CHS) d’un workshop d’un séminaire consacré aux témoignages de la Shoah par balles (Denis Peschanski est également directeur scientifique de l’Equipex Matrice). Présentation de "Yahad - In Unum", association française créée pour localiser les sites de fosses communes des victimes juives et roms assassinées par balles par les nazis durant la seconde guerre mondiale, dont le président, le père Patrick Desbois participe à ce workshop.

Grâce à ses recherches, Yahad In Unum a identifié des centaines de fosses communes de victimes tuées en Europe de l’Est. Durant ces dernières années, le père Patrick desbois et son équipe de chercheurs, traducteurs et experts balistiques ont enregistré plus de 3200 témoignages en parcourant la Russie, la Biélorussie, l’Ukraine, la Pologne, la Roumanie et la Moldavie.

Le 22 juin 1941, l’Allemagne nazie envahissait l’URSS (opération Barbarossa). Les unités mobiles armées des einsatzgruppen avançaient dans le sillage de la Wehrmacht avec pour but d’exécuter l’ordre de Hitler : l’extermination de tous les juifs d’Europe.

A travers l’Europe, plus de 2 millions de juifs ont péri non pas dans les camps de concentration mais au cours de fusillades massives. Il s’agit d’un chapitre moins connu de la Shoah. Ces événements sont aussi connus sous le nom de "Shoah par balles".

Danielle Rozenberg - Valeur du témoignage (témoins de proximité)

Danielle Rozenberg, sociologue associée à l’institut des Sciences Sociales du Politique et membre du conseil scientifique de Yahad-In-Unum, après une présentation des travaux de Yahad-In-Unum, décrit la démarche du Père Desbois, président de Yahad, et leur approche, qui consiste à localiser, inventorier les sites, interviewer les derniers témoins et à restituer le processus d’extermination des juifs, par balles.

L’analyse de Danielle Rozenberg porte sur les témoins de proximité. La chercheuse montre en quoi le recueil de ces témoignages constitue une passerelle vers les sources archivées, et souligne qu’il s’agit d’une approche historienne qui emprunte à l’anthropologie et dans une moindre mesure à l’archéologie.

Le recueil des témoignages confirme globalement les éléments contenus dans les archives mais va au-delà : identification de nouveaux sites, matériaux nouveaux concernant la logistique, l’enfermement, les exécutions, le traitement infligé à d’autres groupes de victimes comme les tziganes, etc.

Par ailleurs, les témoignages recueillis par Yahad dévoilent des éléments qui ne sont pas du tout dans les archives - parce qu’à l’encontre de l’idéologie officielle nazie.

Enfin Danielle Rozenberg ouvre la réflexion sur le statut des mémoires individuelles qui sont sollicitées pour écrire une histoire locale de la Shoah : Les historiens ont été très longtemps réticents à considérer le témoignage comme une source légitime, mais ce statut du témoignage a évolué. "Trois témoignages, séparés, concordants, sont estimés nécessaires pour établir un fait", témoignages auxquels s’ajoutent parfois des preuves matérielles (douilles, experts balistiques...).

Marta Craveri - des témoignages du goulag à ceux de la Shoah par balles

Marta Craveri, historienne (CERCEC, EHESS, CNRS) analyse l’approche de Yahad concernant la sollicitation des témoignages et des mémoires individuelles de la shoah par balles (sur fond de témoignages filmés de la Shoah par balles).

Marta Craveri interroge la façon dont les personnes interrogées acquirent le statut de témoin. Sont-elles interrogées en tant que témoins, ou sont-elles témoins parce qu’elles ont interrogées ? Le rôle de la biographie des témoins n’est-il pas important ?

Ayant travaillé sur le témoignage dans le cadre de la déportation au Goulag, Marta Craveri dresse un parallèle et montre en quoi les expériences individuelles ont influencé fortement la restitution.

Si la Mémoire individuelle constitue clairement une source pour écrire l’histoire de la Shoah, elle constitue une source comme toutes les autres, qu’il faut interroger comme toutes les autres.

Analyse d’un corpus de témoignage (4)

Analyse par Denis Peschanski (membre du CHS et directeur de recherches CNRS) d’un corpus de témoignages recueillis par Yahad-In Unum (Denis Peschanski est également directeur scientifique de l’Equipex Matrice).

Denis Peschanski questionne le rapport entre l’historien et la source de témoignage et analyse la question de la validité du témoignage comme source, qui s’est souvent posée. Le témoignage est considéré selon les démarches comme une source, ou comme un objet d’étude.



MATRICE EDITO Est-il possible de comprendre ce qui se passe dans la Mémoire collective si l’on ne prend pas en compte ce qui se passe dans le cerveau des individus ? Comment fonctionnent alors les dynamiques cérébrales de la Mémoire ?

Inversement, est-il possible de comprendre ce qui se passe dans le cerveau si l’on ne prend pas en compte l’input du social ?

Denis Peschanski, directeur scientifique de la plateforme MATRICE (plateforme technologique incluant 24 partenaires visant à mieux comprendre l’interraction entre Mémoire individuelle et Mémoire collective) vous invite à suivre l’avancement de ce grand équipement, en consultant notamment régulièrement le site :

http://www.matricememory.fr